Jérôme Burdet

L’auberge du Père Bise tourne une page…

L’auberge du Père Bise tourne une page…
Réduire la taille de la police Augmenter la taille de la police Taille du texte Imprimer cette page

Cette célèbre auberge a connu Winston Churchill, Jean Paul Sartre, la Reine d’Angleterre et… des générations de gourmets. Elle a été reprise par Magali et Jean Sulpice. Le chef doublement étoilé à Val Thorens, compte bien ajouter un nouveau chapitre à son histoire.

… et devient l’Auberge du Père Bise – Jean Sulpice

Les derniers propriétaires de l’auberge, Charlyne et Sophie Bise, voulaient que ce soit un couple qui écrive l’histoire de l’Auberge, comme leurs aïeuls l’ont fait au fil de la belle saga Bise. En effet en 1903, le jeune couple François et Marie Bise ouvrent l’Auberge dans la baie de Talloires, puis en 1928, c’est leur fils Marius et son épouse Marguerite qui obtiennent une première étoile en 1931, une deuxième en 1933 et une troisième en 1951.  Cette troisième étoile fera courir le monde entier et donnera une belle célébrité à Talloires. Leur fils François, et son épouse Charlyne, reprennent le flambeau, avec le même souci d’excellence. Puis ce sera au tour de leur fille, Sophie. Depuis le 5 Mai, c’est Jean et Magali Sulpice qui reçoivent leurs clients dans ce havre de paix, les accueillant parfois au bout du ponton. En effet, une navette bateau emmène les clients sur demande jusqu’à ce lieu magique, une façon, bien agréable de redécouvrir l’auberge du Père Bise.

Auberge du Père Bise Jean Sulpice Talloires
La Maison Sulpice
En 5 mois, des travaux de rénovation très importants sont entrepris. 1310 m² ont été réhabilités,  2000 m² de toiture nettoyées, 2 toits supplémentaires installés, un nouvel ascenseur a été créé, avec la rénovation de 7 chambres sur 23, redistribution et rénovation des espaces communs, nouvelle cuisine et création d’un nouveau bistrot gastronomique, le 1903 (année de création de l’auberge) …. Pas de luxe ostentatoire, mais une nouvelle décoration dans les tons bruns, les murs bleu canard,  vérandas contemporaines aux multiples ouvertures … Mais, ce qui surprend le plus les habitués, c’est d’avoir réussi l’exploit de garder l’âme des lieux, en respectant l’histoire de l’établissement. Jean Sulpice, un chef qui a pris le risque de remettre en jeu ses deux étoiles Michelin obtenues à Val Thorens, affiche une sérénité exemplaire. « J’ai l’impression d’avoir toujours été là. Avec Magali, nous vivons notre rêve ». Pour tous celles et ceux qui veulent vivre l’expérience Bise, il a choisi de décliner sa cuisine en deux lieux : le restaurant gastronomique Jean Sulpice sur la lignée de ses très belles créations culinaires et le 1903, un bistrot gourmand plus simple.

Auberge du Père Bise Jean Sulpice Talloires
Côté gastro
Du restaurant gastronomique, et sa grande véranda, le regard s’ouvre sur les eaux du lac. Jean et Magali ont voulu qu’elles se retrouvent partout, même sur les assiettes qu’ils ont pris soin de dessiner eux-même. Le chef qui s’est construit une identité propre à Val Thorens, est descendu de la montagne avec des plats signature comme  l’œuf de caille, gelée de concombre et fera fumée. «Mes bases sont celles que j’ai travaillé à Val Thorens, mon envie, ici , c’est de la compléter en m’inspirant de cette autre réalité que représente le lac, de concilier montagne et plaine». A côté de la carte, deux menus sont proposés en 6 ou 8 services. Et du dimanche soir au vendredi midi uniquement, un troisième menu propose une entrée, un plat, un poisson, une viande et un dessert. Magali, sommelière de formation veille sur la cave du père Bise, et si vous le demandez gentiment, elle vous fera visiter la cave de l’Auberge, un très grand moment.  En tout cas, on s’y régale et le jeu ou plutôt le budget, en vaut vraiment la chandelle (menu de 90 à 200 € ).

Auberge du Père Bise Jean Sulpice Talloires
Côté bistrot
L’Auberge propose aussi un côté bistrot, le 1903 (60 couverts), qui tente bien des curieux (de 36 à 44 €, ouvert l’été 7/7 ). Des murs bruts, une terrasse ouverte sur le lac, de vieilles poutres au plafond, des luminaires en cuivre, cette décoration 1900, se veut un hommage à l’endroit précis où le chalet Bise est né. Le chef a choisi de conserver certains plats cultes qui firent la réputation de l’auberge. Ainsi le fameux gratin de queues d’écrevisses, et la quenelle de brochet se retrouve à la carte. Plus simplement, on y découvre la fera à la grenobloise, ou le pormonier en croûte de la maison Jargot à Saint Jorioz, les poireaux vinaigrette aux herbes du jardin, le poulet chasseur ou le jarret de veau. Beaucoup de recettes anciennes, souvent revisitées par le chef, sont servies ici, goûteuses à souhait.  Le gâteau à l’orange du Père Bise  revient à la carte, ainsi que le gâteau marjolaine, clin d’œil volontaire à l’ancien chariot de dessert.

Magali, gère l’hôtel tout en subtilité,  et prend à cœur, son rôle de maîtresse de maison. Un nouveau couple écrit une page de l’histoire de l’auberge. On y croise parfois Charlyne, preuve que Magali et Jean Sulpice ont pris leurs marques dans ce lieu de légende, avec pour seul souhait « faire partager leur passion et rendre les gens heureux ».


Informations et réservations
Auberge du Père Bise – Jean Sulpice
303 Route du Crêt
74 290 Talloires
+33 (0)4 50 60 72 01
perebise.com
_____________________________________________________________________
Texte : Fleur Tari Flon
Photos : ©Franck Juery – Marie-Pierre Morel

Cet article vous a plu…
partagez-le
et abonnez vous gratuitement au magazine Exquis en renseignant votre mail ici